Une fille dont on ne dira pas le nom
Un garçon, pareil.
Presque le même âge.
Peut-être la mer derrière, comme dans les cartes postales.
La ville, le ciel gris, et sûrement la pluie.
Une musique légère, qui s'envole et que l'on n'entend pas.
Le gars, la fille, le groupe d'amis.
Un arrêt de bus, on ne pense même plus à la mer. A la pluie si.
Ils sont six ou sept, deux ou trois parapluies.
Les gouttes ruissellent le long du panneau d'affichage des horaires.
Il y a des petites flaques d'eau qu'expulsent hors de la route les voitures.
C'est calme, la petite musique légère est toujours là, on ne l'entend toujours pas. Elle existe quand même.
Il y a cinq ou six autres personnes. Personne ne les connaît, personne ne se connaît.
Le bus passe dans cinq minutes.
Il est en retard.
Plus tard, la pluie, le vent.
Toujours le groupe d'amis avec la fille et le gars, les parapluies, les gens.
Le bus a encore plus de retard, c'est parc'qu'il pleut. C'est toujours quand il pleut.
Le bus arrive, il est là.
On y va.
Toujours ces six ou sept amis.
On trace des chemins, on suit la route.
On trace son chemin: deux amis descendent.
Il pleut, il bavarde et il rit. Ils sont quatre ou cinq.
Le véhicule foule le pavé, imprègne les odeurs inconnus ou presque: l'amour, le désir, les fleurs, la sueur, le tabac, l'opium ou les épices; adopte les échos, les pleurs et les rires des enfants.
A quatre ou cinq c'est moins drôle pour jouer aux cartes, à trois ou quatre encore moins: une petite blonde trace son chemin.
Et dans un bus miteux, sur une des petites routes du monde, entre des réverbères sans lumières sillonnent trois ou quatre amis .
Ca pourrait être l'été, on ne le sait pas.
Il est tard mais pas encore très tard, ce n'est peut-être même pas le soir...
[...]
*Vro*, in Parc'que tu me hais-parc'que je te hais.